
Le grand patron est venu hier matin nous l’annoncer : cela n’a rien à voir avec une fusion, mais il y aura à l’horizon 2010 plus qu’une seule entreprise en Suisse Romande qui fera de la radio et de la télévision. Pas de panique : les deux sites de Genève et de Lausanne demeureront tel quel, mais nous ne formerons plus qu’une seule et même entité. Bien que l’on nous ait affirmé haut et fort le contraire, c’est le grand retour de la RTSR et de son logo en forme de boulon, tiré tout droit du casque de nos grandes instances stratégiques.
Ceci dit, d’accord, l’exercice est compliqué : mauvaise conjoncture, financement rétrécissant comme une peau de chagrin, multiplication des supports de diffusion, concurrence sur les parts publicitaires, les temps sont durs pour les médias de service public. Et il faut bien trouver une solution pour faire toujours plus avec moins. N’étant pas l’UBS, le Conseil Fédéral ne va pas nous donner les 80 millions qui nous manquent cette année, c’est à nous de nous débrouiller.
Vu de l’intérieur, l’idée ne paraît cependant pas si saugrenue que ça. Hormis le fait que cela va nous rappeller la glorieuse époque de la RTSR, il est vrai que rationnellement parlant il n’est pas très optimal de faire deux fois la même chose à 60 km de distance. Et on applique le grand principe ô combien modeste de « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », en défaisant ce que l’on avait fait il y a 15 ans.
Non, le point qui me fait égoïstement souci, c’est un petit mot dans la présentation PowerPoint que l’on nous a projetée. Il s’agit du mot « EFFICIENCE« . Il a à mon sens une connotation très précise quant aux places de travail. S’il n’est pas rationnel de faire deux fois la même chose sur deux sites, il n’est pas rationnel de garder les deux personnes qui font ce boulot. Et comme on nous a chanté sur tous les tons que « la production n’est pas touchée », cela signifie que ce seront les autres services qui sont dans le collimateur. Au hasard : l’informatique. Quel est la nécessité d’avoir deux Grands Inquisiteurs, s’il n’y a plus qu’une seule unité d’entreprise ?
Ils annoncent une forte bise, ce week-end. Je vais en profiter pour remettre à jour mon CV à tout hasard…
Comme évoqué il y a de nombreux mois ici, j’ai effectivement pu pénétrer à nouveau dans la Tour. La semaine dernière précisément, comme quoi les délais annoncés pour la restitution du chantier n’ont pas l’air si faux que cela. Enfin, ça c’est une autre histoire; le fait est que j’ai pu avec émotion me rendre dans la Tour, afin de voir de mes yeux la manière dont le câblage se présentera. Et comme je suis du genre généreux, je partage avec plaisir les premières images de l’intérieur de la Tour, vêtue selon la mode printemps/été 2009 :

On voit ici depuis le palier du 12ième étage le Petit Salève, côté sud. Les vitrages ne sont pas encore posés partout, mais selon les principes minergies, ils assurent une excellente isolation thermique. On ne devrait normalement plus cuire à l’étouffée comme lors de l’été 2003, l’ancien revêtement d’inox s’avérant particulièrement rayonnant…

Un système de « climatisation passive » récupère la chaleur proche des zones exterieures et la réinjecte au centre du bâtiment (d’après ce que j’ai compris !).

Et le paroxysme de l’émotion eut lieu lors des retrouvailles avec les ascenseurs intelligents, auxquels il faut dire AVANT de monter à quel étage on veut aller. Je ne sais pas si c’est parce qu’ils ne fonctionnent plus tous ensemble ou quoi, mais vu le temps d’attente, leur QI a l’air d’avoir pris un méchant coup durant les travaux.
Après plus de quatre ans d’absence, on a eu hier officieusement la première réunion sur le sujet : le retour des collaborateurs dans la Tour. En gros, ce qui est ressorti de la réunion, c’est que l’on ne sait encore rien : ni la date de remise des clés, ni la nouvelle disposition des locaux, ni la couleur du papier peint. Mais bon, ce n’est pas très grave : on est maintenant sûr que la Tour va être réintégrée…
Pour tout avouer, j’ai personnellement un lien affectif très fort avec ce bâtiment. Pour le petit combier que j’étais, il symbolise la magnificience et le rayonnement de la Cité, presque autant que le jet d’eau ou que la cathédrale. Je me souviens du Noël 1989 quand les lumières avaient été laissées allumées de sorte à former deux grand « E » de part et d’autre du bâtiment, en signe de solidarité avec Elio Erriquez et Emmanel Christen, otages au Liban.
Quand j’ai postulé à la Grande Maison, je n’osais pas mettre ma moto trop près; je la laissait plutôt près du Service d’Hygiène ou au bord de l’Arve, de peur de commettre un crime de lèse-majesté. Quand j’ai commencé, mon bureau était au 10ième étage de la Tour, avec vue sur l’Arve et chaleur tropicale en été. En effet, les plaques d’aluminium sur la façade transformaient les petits bureau en véritables étuves. Il y avait bien une climatisation pour l’étage de la direction au 16ième, mais sa prise d’air était située sur le toit à côté de l’évacuation des cuisines. Suivant le menu du jour, ca sentait le graillon ou la morue chez M. le Directeur…

Lifting de la Tour
Alors bon, à nous de jouer : on va mettre du câblage informatique et du WiFi dans tous les coins de la nouvelle Tour, sécuriser les accès, prévoir les switches et reconsidérer le plan d’adressage. On ne sait ni pour quand, ni comment, ni combien. Mais ça ne fait rien, notre Tour va être de nouveau en activité, et je vais modestement y contribuer un petit peu.
On parlait justement l’autre jour des effets pervers de facebook. Je dois dire que les passions suscitées par le sujet m’ont quelque peu interpelées, et je me suis livré à une petite enquête. Ma position de Grand Inquisiteur est en effet idéale pour observer les statistiques comme la fréquentation, le nombre d’adeptes de la secte, le temps qu’ils y passent, etc.
Un fait amusant est ressorti de cette histoire : tout le monde a lu dans la presse que Darius Rochebin est un aficionado de ce réseau social. Il a parait-il près de 5000 « amis », et passe un temps consisérable à chatter avec eux. Même s’il ne consacre que 5 minutes à chacun, ça doit lui faire malgré tout des soirées chargées, le pauvre… Mais quoi qu’il en soit, en allant y voir de plus près, on constate qu’il y a en fait deux profils « Darius Rochebin ». Ce serait soit-disant parce qu’il a trop de connexions et qu’il a été obligé de créé un second profil. Et bien suite à un apéritif arrosé avec un collègue du département « Actu », j’ai découvert que la vérité est en fait tout autre…
Derrière le second profil se cacherait en fait un quasi-homonyme, un certain Marius Boivin. Comme son nom l’indique, l’individu est valaisan et domicilié près de Raspille. D’après ces infos de source peu fiable, cette usurpation d’identité aurait été motivée par des raisons d’orgueil et des raisons de coeur. En effet, le valaisan prétend que le journaliste phare de la TSR n’emploie pas lui non plus son véritable patronyme, et qu’il n’y a ainsi aucune raison pour ne pas l’imiter. Il aurait alors profité de la consonnance voisine de leurs deux noms pour s’approprier son identité.
La seconde raison serait que notre usurpateur en aurait eu assez de l’admiration que porte à l’égard du journaliste la mère de son amie, qui ne cesse de le comparer de façon désobligeante. En représailles, l’individu aurait imaginé ce faux profil facebook avec le dessein avoué de ternir la réputation du gendre idéal.
Toutes ces informations ayant été extirpées à l’aide de multiples tournées, elles restent à prendre au conditionnel. Mais dans tous les cas, méfiez-vous de Facebook !



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