Quand j’ai commencé mon boulot dans la Grande Maison, j’imaginais bien que 10 ans plus tard, j’allais être un personnage important de la confrérie. Darius m’invitera régulièrement sur le plateau du TJ pour donner mon avis éclairé sur les faits marquants de l’actualité de l’informatique, j’aurai même peut-être ma propre émission sur le sujet. Et bien sûr, je serai au moins cadre de niveau 2, et j’aurai plein de gens à commander.
Sur ce dernier point, j’ai plein d’idées et de conseils à donner pour que le petit personnel file droit, sans pour autant avoir l’air d’être un chef dictatorial. Voici en vrac les trucs que j’appliquerais :
- Exploiter au maximum les termes vagues du contrat de travail du collaborateur ou de la convention collective pour y coller les contraintes les plus fortes possibles. Par exemple, si j’avais des collaborateurs engagés en horaires flexibles, et que ces derniers soient décrits comme « variant de X heure à Y heure sauf contraintes exceptionnelles« , je m’arrangerais pour transformer cela en horaire fixe en précisant qu’il s’agit d’une mesure exceptionnelle. Mais qui risque de durer un peu.
- Je ne spécifierais pas des durées maximales pour les pauses de midi, mais je m’arrangerais pour que la cafétéria soit dimensionnée pour 400 personnes s’il y en 1200 sur le site de l’entreprise. Comme ça, ils n’auront pas vraiment envie de traîner au café.
- J’augmenterais le prix des places de parking en prétextant que le bénéfice dégagé servira à agrandir le parking à vélo et à le munir de bornes de chargement pour les vélos électriques, mais je le rétrécirais une année plus tard pour y mettre la terrasse de la cafétéria, suite aux plaintes des collaborateurs quant à la dimension de cette dernière.
- Je placerais cette terrasse entre le local des poubelles et le plus à l’ombre possible, tout l’orientant dans l’axe bise-vent, afin qu’elle soit le plus désagréable possible et que les collaborateurs n’y restent pas, et ne puisse surtout pas y manger à midi de septembre à mars.
- Je certifierais les locaux minergie afin d’empêcher les collaborateurs d’y mettre des frigos, mico-ondes et autres bouilloires, afin de garantir la fréquentation de la cafétéria.
- Je mettrais en place une démarche qualité dans les processus de travail, mais la contournerais une fois sur deux en prétextant qu’il s’agit « d’une décision du National ».
Finalement, heureusement que je ne suis pas devenu cadre, j’aurais été un chef abominable. Dieu merci, à part moi, personne n’est assez pervers imaginer des trucs pareils !
Oui, en fait il y a un petit moment déjà que je suis rentré. Et outre la difficulté que j’ai eue à gérer l’ineffable joie qui m’a étreint dès que je suis revenu au boulot, je me suis également posé la question cruciale suivante : que faire du blog « geekotao » ? Déjà que le nom ne correspond pas à la bonne île, ça n’a pas tellement de sens de continuer à l’alimenter. J’ai donc finalement décidé de rouvrir Solarie et de continuer d’y déverser mes états d’âmes pour la prochaine période.
Mais pour ne pas faire trop dans le réchauffé, je me suis tout de même fendu d’un nouveau thème, ce qui m’a permis d’appréhender les subtilités des thèmes-enfants dans WordPress. Voici donc Solarie dans sa nouvelle livrée, version novembre 2011. Je ne garantis pas que cela n’évolue pas un mnimum, car il y a encore des points que je ne maîtrise pas dans le paramétrage des thèmes-enfants, faudra encore un peu de boulot là dessus.
Et quant au contenu, cela va être à nouveau les trépidantes aventures quotidiennes d’un ex-divemaster revenant dans le monde de plus en plus merveilleux des médias (sans compter qu’ils nous ont sucré les speakerines, on va vraiment se croire sur M6). L’ambition première étant naturellement de ne pas perdre les 12 à 15 lecteurs réguliers que selon Google analytics j’avais sur geekotao…
Mais sait-on jamais, s’il y a des rebondissements et coup de théatre dans cet univers merveilleux, Solarie sera – tel un Julian Assange moyen – le premier à vous en informer…
Depuis quelques semaines trône dans les couloirs de l’Avenue Molo une magnifique Cadillac DeVille décapotable :
Personne ne sait exactement de quoi il s’agit. Sans doute un élément de décor pour une émission, peut-être même pour Coup de Coeur d’Alain Morisod spécial années soixante. Il est vrai que c’est assez dans le ton, car les chanteurs de cette époque là ne sont plus très chers et on peut maintenant se les offrir à la RTS. Et il faudra s’y habituer car avec ce que nous mijote l’UDC sur la redevance, plus les écrans publicitaires de TF1, on risque d’avoir plus souvent sur nos plateaux Rika Zaraï que Justin Bieber.
Mais en ce qui me concerne, j’ai une autre théorie : il se trouve dans nos murs un personnage mythique, qui lassé de la popularité envahissante et des paparazzi a trouvé refuge sous un pseudonyme dans notre petite télévision régionale. A cause des travaux dans le quartier, il a finalement eu un arrangement pour repeindre sa voiture dans une couleur discrète et la parquer dans nos couloirs.
Et la plupart de me collègues pourront le confirmer : depuis des années le corniaud est bel et bien employé chez nous. Non, je ne dirai pas à quel poste…
Chez nous, le coin photocopieuse est logé dans une ancienne cage d’ascenseur, ce qui la rend toute cachée et discrète comme un confessionnal. Du coup, il y a un certain nombre de maniaques qui en profitent. Il faut dire que la photocopieuse en question est plus qu’un simple appareil qui répète bêtement tel un Ara d’Amazonie les documents qu’on lui donne à ingurgiter. Elle fait aussi office d’imprimante, scanner, agrandisseur, agrapheuse, et tout ça en couleur. Pas le moindre monnayeur ou compteur personnel, on peut donc impunément imprimer en 120 exemplaires A3 le bottin de téléphone, la Bible ou les oeuvres complètes de Dostoïevski. Et les maniaques en question, on ne sait pas exactement de qui ils s’agit, mais ils ne s’en privent pas. J’ai eu retrouvé dans le bac de sortie de l’engin les documents suivants, par ordre de fréquence d’apparition :
- Des recettes de cuisine macrobiotique;
- Des plans d’accès Google Map;
- Des modes d’emploi d’appareils ménagers;
- Des planning de cours divers et variés (yoga, cuisine, épanouissement personnel);
- Et surtout, des inclassables.
Parmi cette dernière catégorie, j’ai trouvé aujourd’hui un article des archives du journal « Le Matin », que je vous livre malgré le doute sérieux que j’émets sur la qualité de ses sources :
A mon humble avis, le Matin ne vérifie pas sérieusement ses sources. Car bien que tout semble plausible dans cet article, je me dois de vous révéler qu’un certains nombre de points sont en fait totalement inventés.
Et en plus, c’est totalement injuste avec tout le mal que je me donne, je n’ai encore jamais été nommé « employé du mois »…




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