Quand j’étais au collège, je tentais désespérément de séduire une camarade de classe fan de Woody Allen. Comme à l’époque non plus je ne pouvais pas tout miser sur mon physique, je me suis prétendu également fan du réalisateur New-Yorkais, et je me suis fait une culture expresse de la vie et de l’œuvre du cinéaste, à travers les projections du ciné-club et les cassettes VHS du vidéo club d’en face.
Globalement, je n’aimais pas du tout son cinéma : trop typé, prétentieux, intello, voire carrément chiant. Mais cela ne m’a pas empêché de quasiment tout voir : Sleeper, Manhattan, Comédie érotique d’une nuit d’été, Zelig, la rose pourpre du Caire, Radio days, Hanna et ses soeurs, etc. Le but du jeu étant d’inviter la demoiselle au ciné avant qu’elle n’ait vu qu’un nouveau Woody Allen était sorti. Au final, bien que je n’étais pas du tout amateur, je suis devenu un véritable expert ès-Woody Allen, et aujourd’hui je dois bien avouer que je me suis mis à apprécier certaines de ses œuvres, même si je ne suis finalement jamais sorti avec la demoiselle.
Quelques 10 ans plus tard, je même phénomène s’est produit avec ma compagne : elle est fan des Young Gods, alors que j’y étais de mon côté passablement allergique. Mais là aussi, je n’ai pas eu d’autre choix que d’y passer, et je me suis tapé les concerts de plein air, studio et unplugged. Et voilà que samedi passé, l’excellente Maison d’Ailleurs d’Yverdon organise à la suite du vernissage de sa nouvelle expo un concert quasi privé des Young Gods au Théatre de l’Echandole. Pas de chance : il reste des billets. Départ donc pour l’expo et le concert. Et bien comme pour Woody Allen, je me suis mis à apprécier les Young Gods.
Attention, je ne suis pas devenu fan inconditionnel, mais la partie acoustique était vraiment excellente. Le percussionniste est d’une précision absolue, et sait jouer tout en nuances. Le petit dernier, Vincent, est un guitariste classique de tout premier ordre. Je ne suis toujours pas très amateur des morceaux « classiques » de leur répertoire, mais il faut reconnaître que ce sont d’étonnants musiciens avec un talent certain. Et pas un sou de grosse tête : à la fin du concert, on a été tailler le bout de gras avec Vincent (qui est en fait un ancien élève de ma femme) et Alain, qui nous expliquait sa passion pour le sitar indien et m’a refilé les coordonnées de son luthier !
Et puis au moins j’ai réussi à sortir avec ma femme…

D’accord, ça a l’air un peu délabré, insalubre, voire un peu pourri au premier abord. Mais il y a un moment que j’adore, une fois par semaine c’est me retrouver là-bas seul un moment.
C’est notre local de répétition, qui est comme il se doit hébergé dans un abri de protection civile, en pleine zone industrielle. Pour accéder à ce local, il faut longer l’immense quai de chargement, slalomer entre les camions stationnés ici et les containers. En hiver, la nuit précoce et la pluie ajoutent à l’ambiance post nucléaire de cet endroit. On se croirait entre Fallout 3 et Blade runner…
Et bien je ne sais pas si je suis malsain ou quoi, mais j’arrive exprès une demi-heure avant mes camarades pour apprécier l’ambiance de ce lieu. C’est à la fois calme, bizarre et familier. J’adore installer mon matériel, accorder mon instrument, sortir mes partitions, puis aller passer un moment tranquille, avec un petit verre de rouge en guise d’apéritif, à me dire que j’ai de la chance à 40 balais d’avoir encore l’opportunité de jouer du rock dans une cave d’un bâtiment industriel !
Il y a maintenant une année et demi que je pratique la mobilité douce. A la belle saison, j’essaie de prendre le vélo 2 ou 3 fois par semaine, selon la météo. Voici un petit comparatif d’un trajet au boulot selon les deux modes de transport :
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Heure |
Mobilité dure |
Mobilité douce |
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6h45 |
Réveil. Activation du radar anticollision pour le chat kamikaze qui slalome entre les jambes en faisant miaou, et remplissage immédiat de la gamelle. | Réveil tout pareil, faut quand même pas rêver. Les chats s’en foutent que je fasse du vélo… |
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6h50 |
Douche, habillage avec ce qui tombe sous la main. | Douche. Habillage, et ne pas oublier le short pour rentrer quand il fera 30 °C (variante été ; en hiver c’est la petite laine qu’il faut prévoir). |
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7h00 |
Café. | Café. |
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7h15 |
Prendre la bonne clé pour la bonne voiture en fonction du programme établi la veille avec Madame (la MR2 pour aller à la décharge, c’est pas génial). | Mise en place de la batterie sur le vélo et mode shuffle sur la playliste de l’iPhone. |
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7h20 |
Coup d’œil sur l’agenda et plainte par anticipation au sujet des pénibles séances interminables planifiées dans la journée. | Départ. Ca descend, facile. |
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7h30 |
Départ. Info sur la RSR : la grippe porcine progresse, Brélaz est l’étalon présenté pour remplacer Couchepin, et la Lybie ne livre plus de pétrole. | Pédalage sur la route de campagne avec les champs de blé à gauche et les vaches à droite. « Shine on you» sur l’iPhone. |
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7h40 |
Bardonnex ou routes de campagne ? Allez, c’est l’été, il n’y aura personne à Bardonnex. | Doubler la file de voitures à la douane. «You shook me». |
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7h45 |
Pester contre tous ces p***tains de gaulois qui bouchonnent à la douane et qui viennent manger notre pain en Suisse. | Prendre la piste cyclable avec son feu magique qui devient vert quand on approche. «What I’ve done». |
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7h50 |
Faire un doigt d’honneur au couillon de frontalier de m… qui essaie de se faufiler devant mon capot. | Faire un petit signe à la gentille dame qui fait traverser les gamins à Plan-les-Ouates et qui me laisse passer avant. «Hand in my pocket». |
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7h55 |
Se taper le camion des poubelles dans la ruelle à sens unique qui mène au parking. | Prendre la piste cyclable sur la rue à sens unique pour cause de travaux afin d’arriver au parking à vélos. «Snow», mais que le début, je suis arrivé ! |
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8h00 |
Se contorsionner pour sortir les clés du garage que j’ai encore fourrées dans ma poche revolver. | Poser l’iPhone sur son chargeur, se prendre un verre d’eau à la fontaine et commencer à bosser. |
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8h05 |
Se prendre la porte de l’ascenseur à la tronche par celui qui vient d’y entrer et qui n’est pas du genre à faire des politesses. | |
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8h10 |
Arriver dans le bureau et dire : « P***tain, les gens roulent comme des cons, et ces travaux partout , ce n’est vraiment plus possible. » |
Franchement, il n’y a pas de questions à se poser, la mobilité douce, c’est génial !
Vu que j’en fréquente un certain nombre, et que je partage ma vie depuis 15 ans (jour pour jour aujourd’hui !) avec l’un d’entre eux : spécial dédicace aux profs :
Et à part ça, j’aime bien les « Fatals Picards », ils me rappellent les VRP. Et ils viennent de sortir un nouvel album. Ca fait donc trois bonnes raisons de parler d’eux !



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