Archive pour le mot-clef ‘cinema’

En marge de Cannes

Jeudi 27 mai 2010

Amis cinéphiles, une fois n’est pas coutume, je vais faire de la pub pour une chaîne concurrente : ne manquez pas la programmation d’ARTE ce vendredi prochain à 0h25, vous rateriez sans doute un des pires films jamais tourné.

Dans la noble lignée des Retour des tomates tueuses, qui fit découvrir Georges Clooney.

Faut que je recommande des capsules Nespresso, tiens…

Le syndrôme Woody Allen

Mercredi 10 mars 2010

Quand j’étais au collège, je tentais désespérément de séduire une camarade de classe fan de Woody Allen. Comme à l’époque non plus je ne pouvais pas tout miser sur mon physique, je me suis prétendu également fan du réalisateur New-Yorkais, et je me suis fait une culture expresse de la vie et de l’œuvre du cinéaste, à travers les projections du ciné-club et les cassettes VHS du vidéo club d’en face.

Globalement, je n’aimais pas du tout son cinéma : trop typé, prétentieux, intello, voire carrément chiant. Mais cela ne m’a pas empêché de quasiment tout voir : Sleeper, Manhattan, Comédie érotique d’une nuit d’été, Zelig, la rose pourpre du Caire, Radio days, Hanna et ses soeurs, etc. Le but du jeu étant d’inviter la demoiselle au ciné avant qu’elle n’ait vu qu’un nouveau Woody Allen était sorti. Au final, bien que je n’étais pas du tout amateur, je suis devenu un véritable expert ès-Woody Allen, et aujourd’hui je dois bien avouer que je me suis mis à apprécier certaines de ses œuvres, même si je ne suis finalement jamais sorti avec la demoiselle.

Quelques 10 ans plus tard, je même phénomène s’est produit avec ma compagne : elle est fan des Young Gods, alors que j’y étais de mon côté passablement allergique. Mais là aussi, je n’ai pas eu d’autre choix que d’y passer, et je me suis tapé les concerts de plein air, studio et unplugged. Et voilà que samedi passé, l’excellente Maison d’Ailleurs d’Yverdon organise à la suite du vernissage de sa nouvelle expo un concert quasi privé des Young Gods au Théatre de l’Echandole. Pas de chance : il reste des billets. Départ donc pour l’expo et le concert. Et bien comme pour Woody Allen, je me suis mis à apprécier les Young Gods.

Attention, je ne suis pas devenu fan inconditionnel, mais la partie acoustique était vraiment excellente. Le percussionniste est d’une précision absolue, et sait jouer tout en nuances. Le petit dernier, Vincent, est un guitariste classique de tout premier ordre. Je ne suis toujours pas très amateur des morceaux « classiques » de leur répertoire, mais il faut reconnaître que ce sont d’étonnants musiciens avec un talent certain. Et pas un sou de grosse tête : à la fin du concert, on a été tailler le bout de gras avec Vincent (qui est en fait un ancien élève de ma femme) et Alain, qui nous expliquait sa passion pour le sitar indien et m’a refilé les coordonnées de son luthier !

Et puis au moins j’ai réussi à sortir avec ma femme…

Interlude

Vendredi 9 octobre 2009

mire

Veuillez nous excuser de cette interruption de  nos programmes indépendante de notre volonté.

J’aimais bien entendre cette phrase à la télé. Non pas parce que cela signifiait qu’il y avait une panne, mais parce que une fois sur deux, ils nous passaient une panthère rose en guise d’interlude. Et en plus, la volonté de la télé, c’était de nous informer, de nous divertir, de nous apporter la lumière de la communication. Et même quand les coups du sort s’acharnaient, même privée de sa volonté propre, la télé prenait les devant en diffusant une panthère rose. Comme ils sont forts…
C’est sans doute des trucs comme ça qui 0nt fait inconsciemment que 25 ans plus tard je suis venu travailler à la télé.

Bref, parlons de l’interlude survenu la semaine dernière sur ce présent blog. Je ne sais pas ce qui s’est passé, mais un post et trois commentaires (pardon Tania !) ont disparus dans l’éther. J’ai demandé des comptes à mon hébergeur, ils jurent que rien d’anormal ne s’est passé chez eux. Mon WordPress tourne et ronronne depuis plus d’une année, je n’ai rien modifié récemment, le mystère reste entier. J’ai tout de même upgradé à la dernière version à tout hasard.

Alors comme on dit : Veuillez m’excuser de cette interruption de mon blog indépendant de ma volonté. Oui, d’accord : il n’y a pas eu de panthère rose à la place. Alors voici un autre interlude pour me faire pardonner :

Le bal des gens pires

Mercredi 30 septembre 2009

Jusqu’à il n’y a pas très longtemps, j’aimais bien passer la douane à l’étranger. J’arborais fièrement mon passeport rouge à croix blanche, et on avait droit à la queue qui avançait plus vite devant les guichets. Quand on me demandait au fin fond de l’Asie « Where are you from ? », je bombais le torse, faisais saillir les muscles de mes mollets et répondais avec fausse modestie « Switerland… ». Et là, on pouvait lire l’admiration de l’interlocuteur, qui n’avait pas la chance d’être un ressortissant d’un pays aussi prestigieux, démocratique, peuplé de farouches bergers aux bras noueux dont j’étais l’espace d’un instant l’illustre ambassadeur.

Seulement voilà, les choses ont quelque peu changé ces derniers mois : sans parler des excuses nigaudes et naïves de Notre Président auprès du Campeur du Désert, le truc qui me fait vraiment honte, c’est le guet-apens tendus par nos illustres stratèges du conseil fédéral (sans doute) à Roman Polanski. Attention, je ne discute pas de la culpabilité ou non du personnage, mais juste du stratagème mis en place par notre pays pour serrer ce dernier. L’inviter à une remise de prix à Zürich et l’appréhender à son arrivée d’avion, alors qu’il vient régulièrement en Suisse et passe ses vacances à Gstaad, on peut se demander quelle mouche a piqué les autorités pour l’extrader justement maintenant. Et bien à mon avis, c’est un gros coup de langue à l’intention de nos mentors américains. On a été montré du doigt comme les responsables de l’évasion fiscale américaine, du coup on a baissé notre froc et abandonné le secret bancaire. On a même été plus loin en fournissant bon gré mal gré les listes des clients suspects, avec ou sans le nom de la banque mentionné. Après le froc, on a baissé le caleçon en fournissant à nos encombrants et ombrageux protecteurs la tête de Polanski. Ça sonne vraiment comme du gros fayotage vis-à-vis des américains.

On dirait qu’il commence à y avoir une culture de la délation dans ce pays. Il y a longtemps, j’avais entendu des Français raconter cette histoire Suisse : Quel est le comble de la délation pour un Suisse ? C’est de garer sa voiture hors d’une place de parc et de dénoncer les passants qui ne le signalent pas à la police.

La prochaine fois que l’on me demandera « Where are you from ? », je répondrai « I live in France »…

Wall.e

Mardi 24 février 2009

Coincé au fond du lit avec la crève, je me suis regardé l’autre jour wall-e. Et bien j’ai passé un excellent moment ! L’histoire est sympa (à mon âge, on commence à avoir la larme facile), mais j’ai été complètement soufflé par la qualité de l’animation. Pour s’en convaincre, il faut jeter un oeil sur les extraits en HD disponibles ici. Sur le bel écran que j’avais reçu il y a deux ans, en full screen 16/9, ça en jette. Il faut quand même quelques minutes de patience pour télécharger les quelques 180 MB de l’extrait en 1080p, mais ça vaut vraiment la peine !

Et en ce qui concerne Pixar, je me rappelle avoir vu à la fin des années 80 à Computer animation un de leur premier court métrage, qui était déjà incroyable à l’époque. C’était la genèse de Luxo, la petite lampe de bureau qui est maintenant leur marque de fabrique présente à chaque générique. Et on y trouve déjà le même esprit que dans Wall-e :

On ne parlait pas encore de textures et encore moins de temps réel, mais la mode était au raytracing ou à l’ombrage de Gouraud ou de Phong. Et pour se faire une idée de l’excellence de Pixar, le centre de recherche Miralab travaillait sur les rendus naturels de peau et de cheveux. Je ne garantis pas la chronologie exacte, mais voilà plus ou moins ce que cela donnait à peu près à la même époque :