Comme l’année passée, celle là elle m’a tiré les larmes.
C’est l’histoire de deux p’tits gars, Caramel et Gribouille, que l’on a pris chez un copain qui en avait un certain nombre à placer. Ce n’est pas difficile à deviner, le gris c’est Gribouille et le rouquin c’est Caramel. Au début, ils étaient bien sûr un peu paumés, ne sachant pas trop dans quelle galère ils avaient débarqué :

Mais bon, en bonne fratrie unie, ils ont vite constaté que l’on était pas trop méchants, et que l’on tolérait avait une certaine indulgence les diverses bêtises quotidiennes.

Et il faut dire qu’ils s’entendaient comme des larrons en foire. Certes, chacun son territoire durant la journée, mais ils se retrouvaient généralement le soir pour faire une petite sieste ensemble :

Le gris était le mauvais garçon : un peu râleur, assez indépendant mais plutôt casanier. Le petit rouquin avait lui un caractère un petit peu fugueur, mais était câlin comme tout. Parfois, il ronronnait même tellement fort que cela nous réveillait la nuit !

Et presque tous les soirs, c’était une souris chacun ramenée fièrement à la maison. Arrivée triomphale en miaulant, et ils avaient en plus le bon goût de la déguster sur la terrasse, sans l’amener dans la maison, voire dans le lit. Du coup, ma pelouse ressemble maintenant à un véritable parcours de golf : plus le moindre trou de rongeur à l’horizon.
Seulement voilà, il y a l’épilogue triste : week-end du 15 août, beaucoup de trafic sur la départementale qui passe à 200m de la maison. Et il faut préciser que cette départementale est stupidement située juste au milieu du territoire de Caramel…
On l’a attendu 3 jours. Cela lui arrivait de faire des petites fugues prolongées, mais là, c’était tout de même un peu longuet. Et puis le lundi, on tombe sur ce qui en reste, au bord de la route, à quelques centaines de mètres de la maison. Le verdict de la lecture de la puce est sans appel : c’est bien ce qui reste de mon pauvre Caramel.
C’est dur : à peine une année après avoir perdu ma minette qui m’a accompagné pendant 17 ans, voila qu’on n’aura plus non plus le p’tit blond avec sa queue en virgule et ses grands yeux jaunes. Et cela à l’air terriblement dur aussi pour son frère Gribouille : il est tous les soirs en alerte au bord de la terrasse, les oreilles dressées, à nous regarder avec un regard interrogatif : « Il est où mon frère? »
